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Mis à jour en octobre 2026

Rupture conventionnelle fonctionnaire : combien vous pouvez toucher, comment faire, et que faire si on vous dit non

Oui, un fonctionnaire titulaire peut quitter la fonction publique par rupture conventionnelle : un accord entre vous et votre administration, avec une indemnité à la clé et un accès possible au chômage. Le dispositif, lancé en 2020 à titre expérimental, a été pérennisé par la loi de finances pour 2026, du 19 février 2026. J'accompagne des agents publics en transition depuis des années : voilà ce qui compte vraiment.

Qui peut la demander

  • Le fonctionnaire titulaire, dans les trois fonctions publiques, et le contractuel en CDI.
  • Sont exclus : le stagiaire, le fonctionnaire détaché comme contractuel, et l'agent qui a l'âge de la retraite et tous ses trimestres pour le taux plein.
  • Personne ne peut vous l'imposer, et l'administration n'est pas obligée d'accepter votre demande.

Combien vous pouvez toucher

L'indemnité est négociée entre un minimum et un maximum fixés par décret.

Votre ancienneté Minimum légal, par année d'ancienneté
Jusqu'à 10 ans 1/4 de mois de rémunération brute
De 10 à 15 ans 2/5 de mois de rémunération brute
De 15 à 20 ans 1/2 mois de rémunération brute
De 20 à 24 ans 3/5 de mois de rémunération brute

Le maximum est de 1/12 de votre rémunération brute annuelle, multiplié par votre nombre d'années d'ancienneté (24 ans au plus). La base est la rémunération brute de l'année civile précédente, primes comprises, hors remboursements de frais et primes liées à la mobilité. Votre ancienneté compte les services accomplis dans les trois fonctions publiques.

Exemple. 22 ans d'ancienneté et 33 400 € de rémunération brute l'an dernier : le minimum est de 22 823,31 € brut, le maximum de 61 233,33 € brut. Tout ce qui se situe entre les deux se négocie, et c'est là que votre préparation fait la différence.

Côté impôts et cotisations, l'indemnité est exonérée de CSG jusqu'à 82 272 €, et exonérée d'impôt sur le revenu en tout ou partie selon trois règles de calcul, dont on retient la plus favorable. Faites vérifier votre cas avant de signer (source : fiche CFDT-UFETAM).

La démarche, étape par étape

  1. La demande. Vous écrivez à la direction des ressources humaines, par courrier recommandé avec accusé de réception ou remis en main propre. L'administration peut aussi en prendre l'initiative.
  2. L'entretien. Il a lieu entre 10 jours francs et un mois après la réception du courrier. Vous pouvez vous faire assister par un conseiller syndical. On y parle des motifs, de la date de départ, du montant et des conséquences, dont le chômage.
  3. La convention. Si vous vous mettez d'accord, vous signez la convention au moins 15 jours francs après l'entretien. Elle fixe le montant et la date de départ.
  4. La rétractation. Chacun peut se rétracter pendant 15 jours francs, par courrier recommandé ou remis en main propre.
  5. Le départ. La date de cessation des fonctions tombe au moins un jour après la fin du délai de rétractation. Vous êtes alors radié des cadres.

Compte au minimum six semaines, et plutôt deux à trois mois en pratique.

Chômage et retour dans la fonction publique

  • Vous avez droit aux allocations chômage si vous remplissez les conditions d'attribution, et les périodes indemnisées comptent pour votre retraite.
  • Si vous êtes recruté de nouveau par l'employeur concerné dans les six ans, vous devez rembourser l'indemnité dans les deux ans qui suivent votre recrutement. Les règles varient un peu selon la fonction publique : lis ta convention de près.

Si l'administration refuse

Un refus est fréquent, et il est légal. Les motifs que la jurisprudence admet : le coût financier (indemnité, plus chômage quand l'employeur s'assure lui-même), le besoin de garder l'agent en poste, ou un projet professionnel jugé peu viable. L'entretien reste obligatoire même si la réponse est non.

Sur le contrôle du juge, les tribunaux ne sont pas d'accord entre eux : certains vérifient seulement la légalité de la décision, d'autres contrôlent aussi l'intérêt du service, comme l'explique cette analyse d'avocat. Compter sur un recours pour obtenir gain de cause, c'est risqué.

Ce que je vous conseille en cas de refus :

  1. Demandez les motifs par écrit.
  2. Renforcez votre dossier : un projet chiffré, un calendrier de départ qui laisse le temps au service de s'organiser, des premiers clients ou une promesse d'embauche.
  3. Faites-vous accompagner par un représentant syndical.
  4. Redéposez une demande quelques mois plus tard, avec un projet plus solide.
  5. Gardez les autres portes ouvertes : disponibilité pour créer son entreprise, cumul d'activités, ou départ pour entreprendre.

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Informations générales vérifiées en octobre 2026. Votre service RH reste compétent pour votre dossier.