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Fonctionnaire et auto-entrepreneur : ce que vous avez vraiment le droit de faire

Mis à jour : novembre 2026 — par Jean-Marc Marty-Cerciat, DRH, formateur et coach expert de la transition professionnelle des fonctionnaires

Vous êtes fonctionnaire. Vous avez une idée, un savoir-faire, une envie de liberté fiancière. Et une question vous bloque : « Est-ce que j'ai le droit de devenir auto-entrepreneur ? »

Je suis DRH dans la fonction publique depuis plus de 25 ans. Cette question, je l'entends toutes les semaines. Alors voici la réponse, sans jargon.

Peut-on être fonctionnaire et auto-entrepreneur ?

Oui, mais pas n'importe comment.

Le principe : un fonctionnaire à temps complet ne peut pas créer librement une entreprise à côté de son poste. C'est interdit par le Code général de la fonction publique.

Mais il existe quatre portes de sortie légales :

  1. Exercer une activité accessoire autorisée par votre employeur.
  2. Passer à temps partiel pour créer ou reprendre une entreprise.
  3. Partir en disponibilité.
  4. Quitter la fonction publique, par exemple avec une rupture conventionnelle.

Chacune a ses règles. Voyons-les une par une.

Porte n°1 : l'activité accessoire

Vous gardez votre poste à temps plein. Vous développez une petite activité à côté, avec l'accord de votre employeur.

La liste des activités possibles est fixée par décret. On y trouve notamment :

  • l'expertise et la consultation ;
  • l'enseignement et la formation ;
  • les activités sportives ou culturelles ;
  • les services à la personne ;
  • la vente de biens que vous fabriquez vous-même ;
  • les petits travaux chez des particuliers.

Une activité accessoire autorisée peut être exercée sous le statut de micro-entrepreneur.

Ce qu'il faut faire : déposer une demande écrite d'autorisation de cumul auprès de votre employeur, avant de commencer. Décrivez l'activité, le temps que vous y consacrerez et votre futur client type.

Mon conseil de DRH : une demande précise passe beaucoup mieux qu'une demande floue. « Je vais faire du conseil » ne suffit pas. « Je vais animer des formations en gestion du stress, 4 heures par mois, le samedi, pour des entreprises privées » rassure votre employeur.

Porte n°2 : le temps partiel pour créer ou reprendre une entreprise

Vous voulez lancer une vraie entreprise, sans lâcher tout de suite votre salaire ? C'est la formule idéale.

  • Vous demandez un temps partiel spécifique « création ou reprise d'entreprise ».
  • L'autorisation est accordée pour 3 ans maximum, renouvelable 1 an.
  • Votre employeur vérifie que votre projet est compatible avec vos fonctions : c'est le contrôle déontologique.
  • Anticipez : faites votre demande plusieurs mois avant de vous lancer.

C'est la porte que je recommande le plus souvent. Elle permet de tester son marché, de signer ses premiers clients, tout en gardant une sécurité.

Porte n°3 : la disponibilité

Vous suspendez votre carrière. Vous ne touchez plus votre traitement, mais vous restez fonctionnaire et vous pouvez revenir.

Deux formules :

  • la disponibilité pour créer ou reprendre une entreprise ;
  • la disponibilité pour convenances personnelles, plus longue.

Ce qui rassure : le filet de sécurité. Si votre projet ne marche pas, vous pouvez demander votre réintégration.

Porte n°4 : la rupture conventionnelle

Vous quittez définitivement la fonction publique, d'un commun accord avec votre employeur.

Bonne nouvelle : la rupture conventionnelle des fonctionnaires titulaires a été pérennisée par la loi de finances pour 2026. Elle n'est plus une expérimentation.

Ce qu'il faut savoir :

  • vous touchez une indemnité spécifique de rupture conventionnelle ;
  • vous pouvez prétendre à l'allocation chômage, ce qui sécurise vos débuts ;
  • les règles de calcul de l'indemnité ont changé en août 2026, avec des montants revus à la baisse ;
  • votre employeur n'est jamais obligé d'accepter : c'est une négociation.
Mon conseil de DRH : on ne négocie pas une rupture conventionnelle sans projet solide. Un projet clair, chiffré, crédible, c'est votre meilleur argument.

Les 5 erreurs que je vois le plus souvent

  1. Créer son auto-entreprise avant d'avoir l'autorisation. C'est la faute la plus fréquente, et elle peut entraîner une procédure disciplinaire.
  2. Choisir la mauvaise porte. Beaucoup demandent une disponibilité alors qu'un temps partiel aurait suffi pour tester leur projet.
  3. Envoyer une demande floue. Votre employeur ne peut pas dire oui à ce qu'il ne comprend pas.
  4. Oublier le contrôle déontologique. Si votre activité touche à votre domaine professionnel, votre projet sera examiné de près.
  5. Partir sans une stratégie d’offre. Quitter la fonction publique sans avoir testé son offre, c'est prendre un risque inutile.

Ce n'est pas qu'une question de droit

Connaître les règles, c'est la première étape. La vraie difficulté, je la vois chez tous les fonctionnaires que j'accompagne : oser.

Oser quitter la sécurité. Oser se vendre. Oser se voir autrement qu'en agent public.

C'est pour ça que j'ai créé Poéthik Coach : un parcours de 12 semaines pour transformer votre expertise de fonctionnaire en une activité rentable et porteuse de sens. J'ai déjà accompagné plus de 200 professionnels du secteur public dans leur transition.

Questions fréquentes

Un fonctionnaire peut-il être auto-entrepreneur ? ▼

Oui, dans trois cas : pour une activité accessoire autorisée par son employeur, en temps partiel pour création d'entreprise, ou en disponibilité. Dans tous les cas, il faut une autorisation préalable.

Faut-il l'autorisation de son employeur pour devenir auto-entrepreneur ? ▼

Oui. Un fonctionnaire en poste doit toujours obtenir l'accord écrit de son employeur avant de créer son activité.

Combien de temps dure le temps partiel pour création d'entreprise ? ▼

3 ans maximum, renouvelable une fois pour 1 an.

La rupture conventionnelle existe-t-elle toujours pour les fonctionnaires en 2026 ? ▼

Oui. Elle a été pérennisée par la loi de finances pour 2026, avec de nouvelles règles de calcul de l'indemnité depuis août 2026.

Que risque un fonctionnaire qui crée une entreprise sans autorisation ? ▼

Il s'expose à une procédure disciplinaire et peut devoir reverser les sommes perçues.

Les informations de cette page sont données à titre général et ne remplacent pas l'avis de votre service RH ou de votre référent déontologue.